Herns Duplan

 Herns Duplan

A mon Maitre Herns DUPLAN, fondateur de l'expression

Primitive. Toute ma reconnaissance.

Haïtien

 

Jeune artiste autodidacte, Herns Duplan rencontre Katherine Dunham en Haïti à l'âge de 20 ans et intègre sa Compagnie de danse afro américaine, « La Katherine Dunham Company ».

Danseur, puis enseignant, il participe activement pendant 6 ans, au rayonnement de la troupe, tout en approfondissant ses compétences dans les arts du spectacle et de la scène et en s’initiant à l’anthropologie.

Il refuse toute spécialisation. Il mène aux USA et dans le monde des expériences scéniques professionnelles, touchant à la musique, à la percussion, à la danse, au théâtre, au chant…,  qu’il réinvestit dans la pédagogie, jetant progressivement les bases de sa Démarche.

 

HOMMAGE à HENRI SAMBA
 
26 février 2012
 
Il est arrivé dans l'obscurité. La nuit installée m'avait déjà précipitée vers deux autres personnes. Mais c'est son dos que j'ai reconnu. Je suis toujours surprise par sa taille assez petite alors que dans mon esprit, il est grand. Retrouvailles faciles. Quels que soient le lieu, l'entourage, les conditions, il semble à son aise, à bonne distance, fluide, coulant, amical. Il rit facilement, se réjouit. Tout en lui danse. Sa parole, très imagée,  comme sa démarche. Son rapport à l'autre est féminin, très en douceur. 
  
Installation à l'hôtel en papotant de petites choses, des souvenirs partagés. Une répugnante odeur de désinfectant non identifié imprègne le hall mais il ne se plaint pas. Il s'adapte. Il est fatigué. Il a travaillé dur toute la journée à l'université, je crois. Puis voyage en train bondé de Paris jusqu'à Niort. Son sac pèse du poids lourd de son djembé africain - quel son rond, grave... Il est plein de jeunesse mais ses yeux le trahissent : il va dormir toutes affaires cessantes. 
  
Samedi matin, je suis un peu en retard. Il m'attend déjà sur le bord de la route! Prêt à l'attaque. Nous sommes les premiers arrivés à la Salle de Danse  du Centre Du Guesclin. La porte est encore fermée. J'avais rêvé qu'il arrivât après les autres pour se sentir accueilli. D'habitude, cela m'aurait contrariée - ce samedi plus que jamais, j'ai envie que ce soit une journée parfaite, que tout le monde soit satisfait, assouvisse sa soif de rythme, de chant, invite son corps aux échanges, fasse des 
trouvailles, sente la pulsation encore plus fort... Je suis à cran - entorse au genou, quatre chutes en deux semaines, des bleus partout, je ne pourrai pas danser, même pas frapper des pieds. Mais sa magie a déjà opéré. Je ne ressens aucune déconvenue, aucune angoisse. Les danseuses arrivent peu à peu, seules ou en grappes. La bonne humeur est palpable. Il se prépare et accorde son djembé; pas de clés de métal! Il laisse la peau légèrement détendue pour conserver un son un peu grave.  
Nous mettons une musique de fond, tout le monde m'aide à m'installer.  

Hommanage à Henri SambaLes premiers échanges sont intéressants. Il est précis, son immense bagage méthodologique est perceptible. Il explique ses objectifs. Pertinent mais un peu long pour moi, car nous sommes debouts comme des piquets et je fatigue immédiatement. Il sait ce qu'il fait. Il lance les premiers exercices et tout va s'enchaîner à une cadence régulière et intense, en ménageant les pauses nécessaires, en montant en puissance la difficulté des rythmes, l'exigence de concentration, l'accélération du tempo. Tout est fait pour resserrer nos liens, favoriser notre ancrage, échanger les regards, discipliner les mouvements, exiger la saisie du temps, valoriser l'effort. Chacun trouve sa place et existe pour ce qu'il est, là ou il en est.

Il sollicite notre pulsion de vie et nous incite à la vivre au sein de ce 'village' qu'est notre groupe, ce jour-là, venu découvrir ou approfondir sa relation à la Danse d'Expression Primitive par ce travail sur le rythme, les rythmes.

TÉMOIGNAGES D'ADOLESCENTS de 3ème,

SUITE A 3 SEANCES DE DJEMBE AU CONSERVATOIRE

DE RUEL-MALMAISON

avec Henri SAMBATémoignages

 

1) J' AI BEAUCOUP AIME LES SEANCES DE DJEMBE AUXQUELLES J'AI PARTICIPE. HENRI, LE MUSICIEN, ETAIT CLAIR ET PATIENT ET SON JEU ETAIT TRES IMPRESSIONNANT. IL NE NOUS DEMANDAIT PAS PLUS QUE CE QUE NOUS POUVIONS FAIRE. J'AI PARTICULIEREMENT AIME LA DICTEE VILLAGEOISE ET LE TYPE DE REACTIVITE SPONTANEE QU'IL A CHERCHE A STIMULER EN NOUS.

 

2) LES SEANCES DE DJEMBE M'ONT PERMIS DE DECOUVRIR UN NOUVEL INSTRUMENT ET DES IDEES DE RYTHME . CES SEANCES NOUS ONT EN QUELQUE SORTE RASSEMBLES.

 

3) J'AI VRAIMENT AIME LES SEANCES DE DJEMBE CAR ELLES M'ONT PERMIS DE ME DEFOULER SUR L'INSTRUMENT. JE PENSE QUE CELA PEUT AIDER LES PERSONNES QUI ONT DES DIFFICULTES EN RYTHME. LES DICTEES VILLAGEOISES ONT ENTRAINE NOS OREILLES ET LORSQUE L'ON IMPROVISAIT, J'AI SENTI UN LACHER PRISE.

 

4) LES SEANCES M'ONT BEAUCOUP PLU CAR J'AI APPRIS BEAUCOUP DE CHOSES : ETRE PLUS COORDONEE DANS LES RYTHMES, LES IMPRO N'ETAIENT PAS STRESSANTES. CA M'A PERMIS DE VOIR LA MUSIQUE SOUS UN AUTRE ANGLE ET DE VOIR QUE L'ON PEUT FAIRE DE LA MUSIQUE TOUS ENSEMBLE, JUSTE AVEC UN DJEMBE.

HENRI SAMBA chez PRIM'ACORPS 26 avril 2015

26 avril 2015

 

TROIS ANS APRES

Henri Samba chez PRIM'ACORPSFlute, Zut. Je sentais la muse par-dessus mon épaule, j'écrivais d'une traite malgré la semaine déjà passée. La vague du rythme tapait encore. J'attendais des retours de la tribu qui s'était déplacée, confiante, ce dimanche un peu frileux du 26 avril 2015, jusque dans cette salle au parquet rond. Et soudain, tout s'envole à jamais suite à une mauvaise manipulation. Je maudis ce blog, cette machine, ce mauvais sort qui s'acharne. Je peste et renonce.
J'attends les contributions de tous à ce compte-rendu mais il faut ouvrir la voie/voix pour Henri, pour Darry, son comparse d'un jour, notre comparse de toujours. Je m'y remets.

Trois ans après...
Henri Samba est déjà venu à la rencontre de notre tribu et s'en est allé après en avoir fait un village.
Il y a trois ans. Réinviter un ami et un maître n'est pas sans risque. Le veut-il vraiment ? Va-t-il réussir encore une fois le tour de force de la première édition ? La nostalgie de la journée parfaite peut s'insinuer sournoisement.
Cette fois, il arrive la veille et passe quelques heures avec nous, toujours aussi charmant et positif malgré la fatigue d'une grosse semaine de travail. Il évoque le stage du lendemain et m'implique davantage. Il était parti en disant qu'il souhaitait co-animer avec moi et il n'a pas oublié. Il a confiance !